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Le dessin de vécu dans la recherche en première personne : pratique de l’auto-explicitation.

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 Les limites rencontrées dans l’étude du fonctionnement cognitif lors de mes débuts dans la recherche (1970) m’ont conduit d’abord à privilégier les enregistrements vidéos de conduites finalisées pour pouvoir enrichir le recueil de données, puis devant les nouvelles limites tenant à l’exclusion de tout ce qui n’était pas visible et enregistrable, à remobiliser “l’introspection guidée” pour avoir accès au point de vue du sujet.

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3/ Le dessin de vécu

3/ Description du vécu  (partie 3, le reste a été publié précedemment)

J’ai donc délimité au mieux ce qu’est un vécu au sens de la recherche en psychophénoménologie. Mais le but est de connaître ces vécus, d’en faire la science, et pour cela il faut y accéder, en particulier de manière rétrospective dans un acte de rappel particulier qu’est l’évocation, puis les décrire.

Par description j’entends a minima la recherche de la mise en mot au plus près du factuel. Là encore, mon objectif est plutôt d’exclure ce qui ne serait pas de la description que de développer une théorie de la description.

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Méditation et explicitation, suite à la conclusion

Dans le dernier post, relatif à la conclusion de mon chapitre sur « le dessin de vécu », je concluais à la nécessité pour les chercheurs qui veulent étudier la subjectivité, d’acquérir une expérience vaste et éclectique dans différentes techniques de soi. A cela plusieurs justifications : 1/ ne plus être naif dans le domaine des possibilités de la subjectivité, 2/ apprendre des techniques pour savoir diriger, maintenir, affiner l’attention en direction du monde intérieur, car si l’école nous apprends à faire attention aux textes, aux idées, au corps par le sport, elle donne peu d’apprentissages structurés vers soi ; 3/ mieux se représenter les possibilités de la subjectivité des autres et ce que l’on demande aux autres de faire quand on les guide lors d’un interview …

Prenons la méditation comme exemple de pratique experte de soi, je ne perds pas de vue que son but essentiel s’inscrit dans une démarche spirituelle, et que mon discours n’en retient qu’une toute petite partie. Mais cette petite partie est essentielle à l’éducation de l’attention vers soi, à la discrimination fine des événements intérieurs, à l’apprentissage de la reprise de la continuité quand l’attention s’est égarée, au soutien de l’effort dans la visée intime. C’est très important pour être capable de saisir, décrire, reprendre les détails. D’une certaine manière l’apprentissage proposé par l’entretien d’explicitation ou l’auto explicitation est proche en structure de la méditation, la canalisation de l’attention se fait grâce à l’accompagnement d’un intervieweur et plus tard dans l’auto explicitation par la maîtrise du dialogue avec soi-même dans les sessions de rappel/écriture. Mais l’entretien d’explicitation n’a rien à voir avec la méditation, sauf qu’il partage ces compétence de l’attention experte à soi-même, mais inscrites dans l’acte de rappel d’un vécu passé, inscrites dans un acte fort de présence à son passé, et donc à soi … passé, mais à soi quand même … Toutes les techniques qui reposent sur l’attention à soi sont intéressantes pour acquérir une expertise dans l’approche de la subjectivité (retournez lire ma conclusion). Mais.

Pour autant, ce dénominateur commun de l’éducation attentionnelle vers soi, ne suffit pas pour éduquer à l’explicitation du contenu des vécus. Pourquoi ? Parce que tout autant que l’attention vers soi, décrire suppose de maîtriser a minima un espace catégoriel pertinent à ce que l’on veut décrire. Lors d’une séance d’atelier de pratique phénoménologique, Francisco Varela qui était pourtant un pratiquant avancé en méditation (bouddhiste), produisit une description très pauvre de son activité cognitive à propos d’une résolution de problème. Il me montre ce qu’il a écrit, il ne voit pas comment aller plus loin, je lui indique juste un mouvement de fragmentation de l’information qu’il a déjà noté. Tout étonné, il me dit « ah oui  bien sûr » et reprend son texte. Il n’était pas formé à l’explicitation, et d’autre part il avait une formation intellectuelle de biologiste, décrire finement une activité cognitive ne lui était pas familier. Mais avec ses compétentes de méditant, il suffisait de lui donner quelques indications sur ce qui pouvait être décrit plus finement, ou qui pouvait être pris en compte en plus, pour qu’il applique immédiatement ses compétences attentionnelles vers son monde intérieur. 

Mon titre est donc un peu une provocation (espoir infondé que vous allez me lire ? ), mais il n’est pas que cela, il est une ouverture vers le fait que toute étude de la subjectivité repose sur une expertise dans l’accès à cette subjectivité. …. Et ça ne s’apprends pas à l’université ou dans les grandes écoles.

Qu’en pensez-vous ? 

Dans le dernier post, relatif à la conclusion de mon chapitre sur "le dessin de vécu", je concluais à la nécessité pour...

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