Written by: "Pierre Vermersch"

Michel Bitbol sur la réflexivité …

p 260 /261 de  » La conscience a-t-elle une origine », Flammarion, 2014

« A partir du moment où l’état de conscience réflexif a ainsi permis de s’apercevoir du statut fondateur de l’expérience et de ses vécus corporels pour l’oeuvre scientifique, le désir ultime qu’entretiennent les sciences naturelles de ressaisir l’expérience consciente entière sous leur juridiction, apparaît comme une anomalie.

p 260 /261 de " La conscience a-t-elle une origine", Flammarion, 2014 "A partir du moment où l'état de conscience réflex...

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Husserl et les actes réflexifs

Husserl Idée 1, § 77 La réflexion comme propriété fondamentale de la sphère du vécu. Etudes sur la réflexion.

Moi, je le titrerai : « Nécessité d’une explicitation de l’explicitation » (mais, bien sûr il ne le dit pas comme ça ! faute sans doute d’avoir fait le stage de base).

Husserl Idée 1, § 77 La réflexion comme propriété fondamentale de la sphère du vécu. Etudes sur la réflexion. Moi, je le...

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Une thèse récente utilisant l’entretien d’explicitation (elicitation interview)

Paul Theron, qui s’est formé avec moi à l’entretien d’explicitation, vient de terminer sa thèse et l’a soutenu (en anglais) à Glasgow, elle est maintenant téléchargeable sur l’adresse ci-dessous, qui présente aussi le programme de recherche et les intérêts actuels de l’auteur. The experience of trauma in action and peritraumatic resilience

Lieutenant A and the rottweilers.  A Pheno-Cognitive Analysis of a fire-fighter’s experience of a critical incident and peritraumatic resilience.

 https://sites.google.com/site/cognitionresiliencetrauma

Paul Theron, qui s'est formé avec moi à l'entretien d'explicitation, vient de terminer sa thèse et l'a soutenu (en angla...

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Déplacez votre lieu de conscience …

Dans cet article, je voudrais réfléchir à partir du témoignage des effets produit sur des stagiaires d’un changement de consigne lors d’un exercice que je propose de façon assez habituelle le matin. Je suis passé de l’induction habituelle propre à l’évocation : « de laisser revenir un moment de la journée d’hier » à  « déplacer votre lieu de conscience à un moment de la journée d’hier ».

Dans cet article, je voudrais réfléchir à partir du témoignage des effets produit sur des stagiaires d’un changement de...

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Introspection ou réflexion ?

Réponse à Zahavi : Husserl ce grand psychologue méconnu !

Suggérer que l’introspection et la réflexion était de fait le même acte, et qu’objectivement Husserl usait de l’introspection quand il pratiquait la réflexion, était une provocation, je le reconnais.

Réponse à Zahavi : Husserl ce grand psychologue méconnu ! Suggérer que l’introspection et la réflexion était de fait le...

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Hypnose et évocation ?

Hypnose et évocation ?

Quelles différences, quelles proximités entre l’induction de transe propre à l’hypnose (ericksonnienne) et le guidage vers l’évocation ? L’entretien d’explicitation a-t-il à voir avec l’hypnose ? Peut-on amalgamer les deux ? Ce sont des questions qui viennent en stage, souvent posées par des personnes qui ne connaissent pas vraiment l’hypnose.

Hypnose et évocation ? Quelles différences, quelles proximités entre l’induction de transe propre à l’hypnose (ericksonn...

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Double apprentissage

Double apprentissage dans le travail sur la subjectivité

L’idée de base est que dans toutes les activités qui supposent la prise en compte de l’espace intime, intérieur, il y a un double apprentissage :

– le premier, affiché clairement, correspond au but principal, porte le nom de la technique : tai chi, méditation, lying, relaxation, yoga, focusing, entretien d’explicitation etc …

– le second est la condition de réussite du premier, et il a besoin d’un apprentissage parce qu’il relève d’un ensemble de compétences qui ne sont pas ou peu exercées à l’école, c’est la perception fine des événements intérieurs, la reconnaissance de ses ressentis, des ses gestes mentaux, de ses représentations, de ses jugement, de son état corporel et énergétique, de son émotion, de ses croyances.

Autrement dit, il faut aussi revenir sur le thème de la double formation dans le stage de base entretien d’explicitation,

– Une formation à l’entretien d’explicitation :  on forme les B (les intervieweurs) à créer les conditions, induire l’acte d’évocation, la visée à vide d’une situation spécifiée, à poser des questions ouvertes et dont la visée est claire, à réguler et à relancer, à analyser en temps réel ce que dit A pour intervenir sur la fragmentation, le reaiguillage vers l’action et le vécu, et donc à développer un espace catégoriel descriptif nouveau ;

– Une formation à percevoir sa propre subjectivité : car dans le même temps on forme les A (les interviewés) sur un plan personnel, de façon à produire des actes nouveaux (l’évocation, le laisser venir, la pratique descriptive) et ce faisant on les éduque et on les exerce à faire attention au monde intérieur, à diriger leur attention au sein du ressouvenir, c’est-à-dire à diriger leur attention en eux-mêmes.

Pour certains, cette formation personnelle est un choc, une découverte, une rencontre recherchée depuis longtemps, un cadeau de découvrir que c’est possible de décrire son mode intérieur, d’y accéder, d’y rester, d’y retourner.

 

Double apprentissage dans le travail sur la subjectivité L’idée de base est que dans toutes les activités qui supposent...

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Le dessin de vécu dans la recherche en première personne : pratique de l’auto-explicitation.

 (texte complet)

 Les limites rencontrées dans l’étude du fonctionnement cognitif lors de mes débuts dans la recherche (1970) m’ont conduit d’abord à privilégier les enregistrements vidéos de conduites finalisées pour pouvoir enrichir le recueil de données, puis devant les nouvelles limites tenant à l’exclusion de tout ce qui n’était pas visible et enregistrable, à remobiliser “l’introspection guidée” pour avoir accès au point de vue du sujet.

 (texte complet)  Les limites rencontrées dans l’étude du fonctionnement cognitif lors de mes débuts dans la recherche (...

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3/ Le dessin de vécu

3/ Description du vécu  (partie 3, le reste a été publié précedemment)

J’ai donc délimité au mieux ce qu’est un vécu au sens de la recherche en psychophénoménologie. Mais le but est de connaître ces vécus, d’en faire la science, et pour cela il faut y accéder, en particulier de manière rétrospective dans un acte de rappel particulier qu’est l’évocation, puis les décrire.

Par description j’entends a minima la recherche de la mise en mot au plus près du factuel. Là encore, mon objectif est plutôt d’exclure ce qui ne serait pas de la description que de développer une théorie de la description.

3/ Description du vécu  (partie 3, le reste a été publié précedemment) J’ai donc délimité au mieux ce qu’est un vécu au...

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Méditation et explicitation, suite à la conclusion

Dans le dernier post, relatif à la conclusion de mon chapitre sur « le dessin de vécu », je concluais à la nécessité pour les chercheurs qui veulent étudier la subjectivité, d’acquérir une expérience vaste et éclectique dans différentes techniques de soi. A cela plusieurs justifications : 1/ ne plus être naif dans le domaine des possibilités de la subjectivité, 2/ apprendre des techniques pour savoir diriger, maintenir, affiner l’attention en direction du monde intérieur, car si l’école nous apprends à faire attention aux textes, aux idées, au corps par le sport, elle donne peu d’apprentissages structurés vers soi ; 3/ mieux se représenter les possibilités de la subjectivité des autres et ce que l’on demande aux autres de faire quand on les guide lors d’un interview …

Prenons la méditation comme exemple de pratique experte de soi, je ne perds pas de vue que son but essentiel s’inscrit dans une démarche spirituelle, et que mon discours n’en retient qu’une toute petite partie. Mais cette petite partie est essentielle à l’éducation de l’attention vers soi, à la discrimination fine des événements intérieurs, à l’apprentissage de la reprise de la continuité quand l’attention s’est égarée, au soutien de l’effort dans la visée intime. C’est très important pour être capable de saisir, décrire, reprendre les détails. D’une certaine manière l’apprentissage proposé par l’entretien d’explicitation ou l’auto explicitation est proche en structure de la méditation, la canalisation de l’attention se fait grâce à l’accompagnement d’un intervieweur et plus tard dans l’auto explicitation par la maîtrise du dialogue avec soi-même dans les sessions de rappel/écriture. Mais l’entretien d’explicitation n’a rien à voir avec la méditation, sauf qu’il partage ces compétence de l’attention experte à soi-même, mais inscrites dans l’acte de rappel d’un vécu passé, inscrites dans un acte fort de présence à son passé, et donc à soi … passé, mais à soi quand même … Toutes les techniques qui reposent sur l’attention à soi sont intéressantes pour acquérir une expertise dans l’approche de la subjectivité (retournez lire ma conclusion). Mais.

Pour autant, ce dénominateur commun de l’éducation attentionnelle vers soi, ne suffit pas pour éduquer à l’explicitation du contenu des vécus. Pourquoi ? Parce que tout autant que l’attention vers soi, décrire suppose de maîtriser a minima un espace catégoriel pertinent à ce que l’on veut décrire. Lors d’une séance d’atelier de pratique phénoménologique, Francisco Varela qui était pourtant un pratiquant avancé en méditation (bouddhiste), produisit une description très pauvre de son activité cognitive à propos d’une résolution de problème. Il me montre ce qu’il a écrit, il ne voit pas comment aller plus loin, je lui indique juste un mouvement de fragmentation de l’information qu’il a déjà noté. Tout étonné, il me dit « ah oui  bien sûr » et reprend son texte. Il n’était pas formé à l’explicitation, et d’autre part il avait une formation intellectuelle de biologiste, décrire finement une activité cognitive ne lui était pas familier. Mais avec ses compétentes de méditant, il suffisait de lui donner quelques indications sur ce qui pouvait être décrit plus finement, ou qui pouvait être pris en compte en plus, pour qu’il applique immédiatement ses compétences attentionnelles vers son monde intérieur. 

Mon titre est donc un peu une provocation (espoir infondé que vous allez me lire ? ), mais il n’est pas que cela, il est une ouverture vers le fait que toute étude de la subjectivité repose sur une expertise dans l’accès à cette subjectivité. …. Et ça ne s’apprends pas à l’université ou dans les grandes écoles.

Qu’en pensez-vous ? 

Dans le dernier post, relatif à la conclusion de mon chapitre sur "le dessin de vécu", je concluais à la nécessité pour...

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