La prise de conscience du passé fondement de l’entretien d’explicitation.

La prise de conscience du passé fondement de l’entretien d’explicitation.

Résumé d’un chapitre dans un ouvrage collectif pluridisciplinaire coordonnée par Cécile Barbier sur les « Traces »

L’entretien d’explicitation est une technique qui vise en priorité à faire décrire le déroulement d’un vécu, de façon à pouvoir documenter comment une personne, un opérateur, un élève, un sportif, un soignant, un malade en auto-traitement etc. s’y prend pour faire ce qu’il a fait. L’entretien d’explicitation comprend donc plusieurs ressources.

Il y a une approche théorique de ce qu’est le déroulement d’un vécu, de ce que c’est que s’en informer. Il y a un ensemble de savoir-faire pour maîtriser les effets perlocutoires des relances et des questions de façon à guider la personne vers un moment vécu spécifié de son passé, et lui faire explorer dans le détail ce vécu, ce qu’elle ne saurait pas faire seule.

Reste qu’une des questions cruciales est de comprendre comment nous traitons avec la mémoire, puisque l’entretien d’explicitation est toujours basé sur un accès rétrospectif, sur un rappel du vécu. Le problème est que la psychologie expérimentale de la mémoire, quoique extrêmement prolifique depuis plus d’un siècle, a produit essentiellement des données de laboratoire sans jamais s’intéresser à ce que faisait le sujet pour se rappeler (ou apprendre). Du coup, on a bien des concepts reliés à la mémoire du vécu passé comme “la mémoire épisodique” de Tulving, ou “la mémoire autobiographiques” initiée par Neisser, mais rien  qui nous informe des pratiques de rappel des sujets.

L’entretien d’explicitation, s’inspirant de théories plus anciennes de la mémoire concrète (Gusdorf) a systématisé une pratique de guidage vers le rappel, fondé sur un acte particulier : l’évocation. Cet acte a pour caractéristique de ne pas être volontaire (on peut l’induire, mais pas le commander), d’être incompatible avec tout effort de  se rappeler, de privilégier le sentiment de revécu et un mouvement de prise de conscience de son propre vécu, plus que de se rappeler.

Dans un premier temps, l’utilisation de l’entretien d’explicitation dans le cadre d’activité de praticiens a permis une validation opérationnelle directe des descriptions produites par l’entretien par la possibilité d’agir efficacement ou pas en retour; des travaux récents ont démontrés l’efficacité de ce mode d’accès à la mémoire du vécu. On a donc un outil disponible pour aller chercher les traces détaillées des vécus passés.

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La prise de conscience du passé fondement de l’entretien d’explicitation.

Résumé d’un chapitre dans un ouvrage collectif pluridisciplinaire coordonnée par Cécile Barbier sur les « Traces »

L’entretien d’explicitation est une technique qui vise en priorité à faire décrire le déroulement d’un vécu, de façon à pouvoir documenter comment une personne, un opérateur, un élève, un sportif, un soignant, un malade en auto-traitement etc. s’y prend pour faire ce qu’il a fait. L’entretien d’explicitation comprend donc plusieurs ressources.

Il y a une approche théorique de ce qu’est le déroulement d’un vécu, de ce que c’est que s’en informer. Il y a un ensemble de savoir-faire pour maîtriser les effets perlocutoires des relances et des questions de façon à guider la personne vers un moment vécu spécifié de son passé, et lui faire explorer dans le détail ce vécu, ce qu’elle ne saurait pas faire seule.

Reste qu’une des questions cruciales est de comprendre comment nous traitons avec la mémoire, puisque l’entretien d’explicitation est toujours basé sur un accès rétrospectif, sur un rappel du vécu. Le problème est que la psychologie expérimentale de la mémoire, quoique extrêmement prolifique depuis plus d’un siècle, a produit essentiellement des données de laboratoire sans jamais s’intéresser à ce que faisait le sujet pour se rappeler (ou apprendre). Du coup, on a bien des concepts reliés à la mémoire du vécu passé comme “la mémoire épisodique” de Tulving, ou “la mémoire autobiographiques” initiée par Neisser, mais rien  qui nous informe des pratiques de rappel des sujets.

L’entretien d’explicitation, s’inspirant de théories plus anciennes de la mémoire concrète (Gusdorf) a systématisé une pratique de guidage vers le rappel, fondé sur un acte particulier : l’évocation. Cet acte a pour caractéristique de ne pas être volontaire (on peut l’induire, mais pas le commander), d’être incompatible avec tout effort de  se rappeler, de privilégier le sentiment de revécu et un mouvement de prise de conscience de son propre vécu, plus que de se rappeler.

Dans un premier temps, l’utilisation de l’entretien d’explicitation dans le cadre d’activité de praticiens a permis une validation opérationnelle directe des descriptions produites par l’entretien par la possibilité d’agir efficacement ou pas en retour; des travaux récents ont démontrés l’efficacité de ce mode d’accès à la mémoire du vécu. On a donc un outil disponible pour aller chercher les traces détaillées des vécus passés.

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