Burloud (suite)

Introduction à son livre De la psychologie à la philosophie (1950 et tellement encore d’actualité !)

Introduction

Ce livre est sorti d’une tentative pour prolonger jusqu’à la métaphysique les théories psychologiques que nous avons développées dans des ouvrages antérieurs.

Entre la psychologie et la philosophie, le fossé s’élargit de jour en jour. Dans le camp des philosophes, on est intimement persuadé en général que la philosophie se suffit à elle-même et que la psychologie ne peut lui être que de très médiocre secours. Dans l’autre cas, cette conviction, non moins forte que, que la psychologie est uniquement tributaire de la biologie, comme celle-ci l’est de la physico-chimie, et la physico-chimie des mathématiques, et que le moment est venu pour elle de se détacher entièrement de la philosophie.

En droit, cette seconde opinion se défend beaucoup mieux que la précédente. Il est difficile de contester sérieusement aujourd’hui que les problèmes relatifs à l’instinct, à la sensation, à la mémoire relève d’une méthode purement expérimentale et requiert, pour être complètement résolu, de nombreuses références à la physiologie du système nerveux. Le malheur est que tous avanceraient faire aussi, explicitement ou implicitement, à une métaphysique, et qu’une métaphysique implicite est particulièrement dangereuse dans une science dont les problèmes touchent de si près aux problèmes philosophiques.

Quant à l’idée d’une philosophie indépendante de la psychologie, elle provient d’une conception erronée de l’objet de celle-ci. La psychologie à un double objet : la vie intérieure et le comportement. Comme l’étude du comportement, elle serait bien une science, mais dans la portée philosophique ne dépasserait pas celle de la physiologie du système nerveux. Comme l’étude de la vie intérieure, elle s’enfermerait dans le mois où l’individu : mais par là même, elle se condamnerait au subjectivisme. Or, selon qu’on dénie toute valeur à ce dernier ou qu’au contraire, à la manière de l’existentialisme contemporain, on considère le sujet comme le centre de perspective de toute recherche philosophique, on dira ou bien que la philosophie doit rompre avec la psychologie pour se tourner vers la réflexion logique, ou bien qu’elle est une sorte de psychologie axée sur le problème de l’existence, voire la vraie psychologie, la seule qui atteigne à la profondeur du moi  et de l’être.

Cette manière de voir n’est pas sans rapport avec celle des psychologues de formation purement biologique. Comme ils n’ont pas en général un sens très aiguisé de la vie intérieure, ils se résignent aisément à amputer leur science d’une bonne moitié de son domaine ; ils la limitent à l’étude du comportement et abandonnent dédaigneusement la philosophie les faits mentaux, quand ils ne vont pas jusqu’à en nier purement et simplement la réalité.

Nous avons montré à maintes reprises : premièrement que le comportement et les faits mentaux ne se laissent pas séparer, que les actions de sujet aussi bien que les situations auxquelles elles répondent intéresseraient psychologique par leur signification, qui dépendent des modes internes de l’activité psychologique ; deuxièmement que la psychologie est essentiellement, non point la science du moi, mais la science de l’esprit, le mot esprit n’étend qu’une désignation collective pour ces modes d’activité, qui peuvent être commun à tous les individus.

Mais nous ne convaincrons jamais un grand nombre de gens congénitalement imbus de l’idée que l’ultime secret de la pensée et de la vie spirituelle ne peut résider que dans les fibres nerveuses dans les sécrétions des glandes endocrines. Et pas davantage ses métaphysiciens acquis une simple méditation sur la conscience ou sur le moi  transcendantal suffit à dévoiler les mystères de l’être.

Ce livre s’adresse à ceux qui n’ont encore trouvé ni dans le matérialisme, ni dans la phénoménologie ou l’existentialisme, le refuge d’une foi. Peut-être consentiront-ils à nous suivre dans notre effort pour remonter, par une méthode à la fois réductive et inductive, de la psychologie telle que nous la comprenons à la philosophie ou, selon nous, elle s’achève.

(transcription dictée et non corrigée … il peut y avoir des surprises …)

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Introduction à son livre De la psychologie à la philosophie (1950 et tellement encore d’actualité !)

Introduction

Ce livre est sorti d’une tentative pour prolonger jusqu’à la métaphysique les théories psychologiques que nous avons développées dans des ouvrages antérieurs.

Entre la psychologie et la philosophie, le fossé s’élargit de jour en jour. Dans le camp des philosophes, on est intimement persuadé en général que la philosophie se suffit à elle-même et que la psychologie ne peut lui être que de très médiocre secours. Dans l’autre cas, cette conviction, non moins forte que, que la psychologie est uniquement tributaire de la biologie, comme celle-ci l’est de la physico-chimie, et la physico-chimie des mathématiques, et que le moment est venu pour elle de se détacher entièrement de la philosophie.

En droit, cette seconde opinion se défend beaucoup mieux que la précédente. Il est difficile de contester sérieusement aujourd’hui que les problèmes relatifs à l’instinct, à la sensation, à la mémoire relève d’une méthode purement expérimentale et requiert, pour être complètement résolu, de nombreuses références à la physiologie du système nerveux. Le malheur est que tous avanceraient faire aussi, explicitement ou implicitement, à une métaphysique, et qu’une métaphysique implicite est particulièrement dangereuse dans une science dont les problèmes touchent de si près aux problèmes philosophiques.

Quant à l’idée d’une philosophie indépendante de la psychologie, elle provient d’une conception erronée de l’objet de celle-ci. La psychologie à un double objet : la vie intérieure et le comportement. Comme l’étude du comportement, elle serait bien une science, mais dans la portée philosophique ne dépasserait pas celle de la physiologie du système nerveux. Comme l’étude de la vie intérieure, elle s’enfermerait dans le mois où l’individu : mais par là même, elle se condamnerait au subjectivisme. Or, selon qu’on dénie toute valeur à ce dernier ou qu’au contraire, à la manière de l’existentialisme contemporain, on considère le sujet comme le centre de perspective de toute recherche philosophique, on dira ou bien que la philosophie doit rompre avec la psychologie pour se tourner vers la réflexion logique, ou bien qu’elle est une sorte de psychologie axée sur le problème de l’existence, voire la vraie psychologie, la seule qui atteigne à la profondeur du moi  et de l’être.

Cette manière de voir n’est pas sans rapport avec celle des psychologues de formation purement biologique. Comme ils n’ont pas en général un sens très aiguisé de la vie intérieure, ils se résignent aisément à amputer leur science d’une bonne moitié de son domaine ; ils la limitent à l’étude du comportement et abandonnent dédaigneusement la philosophie les faits mentaux, quand ils ne vont pas jusqu’à en nier purement et simplement la réalité.

Nous avons montré à maintes reprises : premièrement que le comportement et les faits mentaux ne se laissent pas séparer, que les actions de sujet aussi bien que les situations auxquelles elles répondent intéresseraient psychologique par leur signification, qui dépendent des modes internes de l’activité psychologique ; deuxièmement que la psychologie est essentiellement, non point la science du moi, mais la science de l’esprit, le mot esprit n’étend qu’une désignation collective pour ces modes d’activité, qui peuvent être commun à tous les individus.

Mais nous ne convaincrons jamais un grand nombre de gens congénitalement imbus de l’idée que l’ultime secret de la pensée et de la vie spirituelle ne peut résider que dans les fibres nerveuses dans les sécrétions des glandes endocrines. Et pas davantage ses métaphysiciens acquis une simple méditation sur la conscience ou sur le moi  transcendantal suffit à dévoiler les mystères de l’être.

Ce livre s’adresse à ceux qui n’ont encore trouvé ni dans le matérialisme, ni dans la phénoménologie ou l’existentialisme, le refuge d’une foi. Peut-être consentiront-ils à nous suivre dans notre effort pour remonter, par une méthode à la fois réductive et inductive, de la psychologie telle que nous la comprenons à la philosophie ou, selon nous, elle s’achève.

(transcription dictée et non corrigée … il peut y avoir des surprises …)

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1 Commentaire pour “Burloud (suite)

  1. toujours peu de commentaires, est-ce vraiment utile de poursuivre ce blog ? Des likes sur FB, mais rien sur le blog ?? Bon, tant que je ne peux pas m’en empêcher, je continue encore un peu.

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