Propos sur l’introspection

Peut-on étudier la conscience, sans prendre en compte ce dont le sujet est conscient ou dont il peut devenir conscient. Quelles que soient les critiques méthodologiques sur les limites et les inconvénients du recueil de données subjectives, la seule réponse est : «d’accord, c’est critiquable, mais nous devons apprendre à acquérir ce type de données». Si c’est critiquable, comment pouvons- nous faire mieux ?

Depuis plus d’un siècle chaque fois que l’on a conclu que c’était critiquable, on en a déduit qu’il fallait s’arrêter de le faire. Et en conséquence, lui substituer une méthode plus objective, plus contrôlée même si elle n’apporte pas les données dont on aurait besoin. (Chercher la clef là où il y a de la lumière, pas là où on l’a perdu).

Mais nous sommes maintenant le dos au mur, puisque cette stratégie de fuite n’est plus possible. Il n’est plus possible de continuer à répondre en esquivant le problème, en faisant autre chose en réponse à ces critiques, mais nous devons  trouver le moyen de faire mieux. De toute manière, nous avons maintenant conscience que nous avons besoin de ces données, qu’il nous faut les constituer de manière satisfaisante en tant que données subjectives puisque c’est de ces informations dont nous avons besoin pour corréler les deux points de vue. La seule réponse possible à toute critique méthodologique est de continuer à travailler dans la même direction en essayant de perfectionner la démarche. Il n’y a pas d’exemple où une communauté de chercheurs s’étant attaqué à un problème ne produise pas des inventions, des perfectionnements, des dépassements de naïveté initiale, à condition de choisir de continuer à y travailler plutôt que de fuir le problème en faisant autre chose. 

(Vermersch P., 2012, Explicitation et phénoménologie, extrait du chapitre 1)

 

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Peut-on étudier la conscience, sans prendre en compte ce dont le sujet est conscient ou dont il peut devenir conscient. Quelles que soient les critiques méthodologiques sur les limites et les inconvénients du recueil de données subjectives, la seule réponse est : «d’accord, c’est critiquable, mais nous devons apprendre à acquérir ce type de données». Si c’est critiquable, comment pouvons- nous faire mieux ?

Depuis plus d’un siècle chaque fois que l’on a conclu que c’était critiquable, on en a déduit qu’il fallait s’arrêter de le faire. Et en conséquence, lui substituer une méthode plus objective, plus contrôlée même si elle n’apporte pas les données dont on aurait besoin. (Chercher la clef là où il y a de la lumière, pas là où on l’a perdu).

Mais nous sommes maintenant le dos au mur, puisque cette stratégie de fuite n’est plus possible. Il n’est plus possible de continuer à répondre en esquivant le problème, en faisant autre chose en réponse à ces critiques, mais nous devons  trouver le moyen de faire mieux. De toute manière, nous avons maintenant conscience que nous avons besoin de ces données, qu’il nous faut les constituer de manière satisfaisante en tant que données subjectives puisque c’est de ces informations dont nous avons besoin pour corréler les deux points de vue. La seule réponse possible à toute critique méthodologique est de continuer à travailler dans la même direction en essayant de perfectionner la démarche. Il n’y a pas d’exemple où une communauté de chercheurs s’étant attaqué à un problème ne produise pas des inventions, des perfectionnements, des dépassements de naïveté initiale, à condition de choisir de continuer à y travailler plutôt que de fuir le problème en faisant autre chose. 

(Vermersch P., 2012, Explicitation et phénoménologie, extrait du chapitre 1)

 

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2 Commentaires pour “Propos sur l’introspection

  1. Magali Boutrais

    Je te remercie Pierre pour ce focus sur ton texte. Je tiens là un argument massu pour mon argumentation sur l’intérêt de l’entretien d’explicitation dans ma thèse, et des données en première personne qu’il permet de recueillir !

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