conclusion du chapitre 12 de M. Bitbol

Citation de quelques phrases de conclusions de ce fameux chapitre 12,  p 601/2

« Pour lui (le phénoménologue hybride), comme pour Merleau-Ponty avant lui, le chiasme neuro-expérientiel ne peut dès lors avoir qu’une seule signification, une signification immédiatement donnée dans sa manifestation plutôt que médiatement inférée à partir de son utilisation : celui d’une divulgation ponctuelle de la structure entière de ce qui se présente, d’une révélation locale de la bivalence constitutive du monde-là en sensible et en senti, en agissant et en pâtissant, en impulsion de saisir et en résistance à la saisie. Constatant que l’attitude élaborée, construite, absorbée par ses visées, du chercheur scientifique lui fait perdre de vue son adossement vécu sans lui permettre d’en rendre raison en retour, le phénoménologue évolué de l’âge des sciences cognitives propose d’aborder le chiasme neuro-expérientiel dans un état d’esprit redevenu innocent, déconstruit, désabsorbé. C’est seulement ainsi qu’il lui devient possible de ne plus voir la bivalence du visible et du voyant comme problème, mais comme milieu à habiter, comme labyrinthe à explorer, comme topographie  ostensible du monde, comme ultime merveille.

Face à la probable objection réitérée qu’il s’agit là d’un renoncement, que l’émerveillement ne traduit qu’un aveu d’ignorance primitive, que la modernité scientifique s’y est opposée de toutes ses forces en adoptant comme slogan fondateur le « ce n’est pas merveille » cartésien, la réponse va de soi. … Car de nos jours, la candeur que suppose la reconnaissance de la merveille d’un voyant-percevant coextensif à son site vu-perçu est tout sauf première. Elle demande à être cultivée, autant que son contraire ; elle relève d’une élaboration de second ordre par rapport à la définition de simple thèmes d’étude ; elle n’est consentie qu’à l’issue d’un examen équitable des succès sans précédent des sciences cognitives et de leur échec permanent caché en leur centre informulé. …. »

Bon. Ca ne vous donne pas envie de lire ? Et le chapitre suivant est bien pire, puisqu’il nous concerne directement : « L’introspection est-elle possible ? « , autrement dit l’explicitation est elle possible ? Comment l’auteur va-t-il présenter l’affaire, lui qui est aussi formé à l’entretien d’explicitation ? Serons-nous d’accord sur sa présentation de notre technique ?

 

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Citation de quelques phrases de conclusions de ce fameux chapitre 12,  p 601/2

« Pour lui (le phénoménologue hybride), comme pour Merleau-Ponty avant lui, le chiasme neuro-expérientiel ne peut dès lors avoir qu’une seule signification, une signification immédiatement donnée dans sa manifestation plutôt que médiatement inférée à partir de son utilisation : celui d’une divulgation ponctuelle de la structure entière de ce qui se présente, d’une révélation locale de la bivalence constitutive du monde-là en sensible et en senti, en agissant et en pâtissant, en impulsion de saisir et en résistance à la saisie. Constatant que l’attitude élaborée, construite, absorbée par ses visées, du chercheur scientifique lui fait perdre de vue son adossement vécu sans lui permettre d’en rendre raison en retour, le phénoménologue évolué de l’âge des sciences cognitives propose d’aborder le chiasme neuro-expérientiel dans un état d’esprit redevenu innocent, déconstruit, désabsorbé. C’est seulement ainsi qu’il lui devient possible de ne plus voir la bivalence du visible et du voyant comme problème, mais comme milieu à habiter, comme labyrinthe à explorer, comme topographie  ostensible du monde, comme ultime merveille.

Face à la probable objection réitérée qu’il s’agit là d’un renoncement, que l’émerveillement ne traduit qu’un aveu d’ignorance primitive, que la modernité scientifique s’y est opposée de toutes ses forces en adoptant comme slogan fondateur le « ce n’est pas merveille » cartésien, la réponse va de soi. … Car de nos jours, la candeur que suppose la reconnaissance de la merveille d’un voyant-percevant coextensif à son site vu-perçu est tout sauf première. Elle demande à être cultivée, autant que son contraire ; elle relève d’une élaboration de second ordre par rapport à la définition de simple thèmes d’étude ; elle n’est consentie qu’à l’issue d’un examen équitable des succès sans précédent des sciences cognitives et de leur échec permanent caché en leur centre informulé. …. »

Bon. Ca ne vous donne pas envie de lire ? Et le chapitre suivant est bien pire, puisqu’il nous concerne directement : « L’introspection est-elle possible ? « , autrement dit l’explicitation est elle possible ? Comment l’auteur va-t-il présenter l’affaire, lui qui est aussi formé à l’entretien d’explicitation ? Serons-nous d’accord sur sa présentation de notre technique ?

 

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7 Commentaires pour “conclusion du chapitre 12 de M. Bitbol

  1. Karim

    Merci pour le lien Pierre. Comment peut-on faire cette formation de base?

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    1. Tu regardes sur le site la date qui te convient et tu t’inscris auprès du formateur qui le fait. C’est très simple, ce sont des formations d’une semaine (cinq jours).

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  2. J’ai laissé tomber le fichier de Pratiques pour commencer à découvrir le livre de Michel Bitbol.
    J’ai lu l’introduction que j’ai trouvée claire et intéressante.
    J’ai noté en particulier que Michel met en scène la scission comme un écart, comme Legendre, et qu’il ne faut pas laisser tomber cette idée de l’écart comme tiers (moi, je l’avais un peu mis de côté).
    « Dans l’écart temporel qui s’est ouvert entre l’éloignement d’un présumé autre et la reconnaissance révérbérante de soi, votre étrang(èr)eté s’est révélée ».
    Je note qu’il ne parle pas de vertige comme je le ressens dans le contact avec le monde intérieur mais « d’anxiété de l’ouvert sans borne, de la perte de sécurité procurée par l’objectivation de soi ». Nous connaissons cela.
    Donc j’ai beaucoup aimé la façon dont Michel décrit son projet.
    J’ai lu la conclusion et au moment où je t’écrit je n’en ai rien retenu si ce n’est une tentative de défendre une autre posture que celle de la science et de la technique.
    Et puis j’ai lu la chapitre 13 L’introspection est-elle possible ? En fait ce chapitre répond à ta question d’il y a longtemps : au lieu de chercher à savoir si l’introspection est possible ou impossible, il vaut mieux chercher ses conditions de possibilité.
    Ce chapitre est une bonne plaidoirie pour l’ede en démontant toutes les critiques que Michel a relevé auparavant.
    C’est amusant et aussi très dérangeant pour moi de voir des choses si familières dites avec des mots et dans un langage tellement différent du notre. Comme lorsque j’entends parler d’une personne qui m’est proche et que je ne la reconnais pas dans le discours tenu.
    Je suis sans doute dérangée par l’étrangeté de son discours. C’est comme pour le personnage qui se voit dans la glace et qui ne se reconnaît pas.

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  3. Karim Kherbouche

    Bonsoir Pierre
    Je veux utiliser la méthode de l’entretien d’explicitation dans ma recherche de master 2 mais je ne parviens toujours pas à le différencier de l’entretien non directif. En fait, l’E.E. complète-t-il l’END ou est complètement différent de ce dernier ?
    Merci d’avance de votre réponse.
    Karim

    Reply
    1. Faut faire une formation de base, les différences sont immenses, mais seule l’expérience vécue t’en donnera le sens et la compréhension. regarde sur le site grex2.com.

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  4. Ton dernier paragraphe laisserait presque sous-entendre que le livre de Michel est un thriller !
    La suite, la suite…

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  5. Martinez

    J’avoue qu’il faut que je reprenne le temps de le lire très lentement…. Hier je me disais que j’allais commander ce livre. Aujourd’hui, je suis plus molle. Donc à suivre…

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