Auto-explicitation J1

Premier jour de stage. Idée pédagogique de base : créer les conditions pour rencontrer les difficultés !

Par exemple, rencontrer le moment où il semble que je n’ai plus rien à écrire, que j’ai tout dit, que c’est bien assez. En fait, c’est la conscience réfléchie qui dit ça, elle ignore tout ce que je pourrais encore dire, de tout ce qui est éveillable si je sais diriger mon attention différemment. Mon attention est comme le singe et la callebasse. L’ouverture est étroite, focalisée, mais une fois saisies les cacahuètes il n’est plus possible de sortir la main, l’attention. Comment désengager l’attention pour qu’elle se tourne à nouveau vers d’autres centrations, et découvrent encore et encore de nouveaux aspects de mon vécu que je pourrais décrire.  Pour savoir comment déplacer son attention à l’interieur de soi, à l’intérieur de son ressouvenir, il faut déjà que je rencontre la difficulté clairement et que là je découvre les ressources utilisables. Les ressources connues, comme me poser une question qui fragmente ce qui a déjà été décrit, comme me demander tout simplement « y-t-il autre chose encore ? « . Toutes ressources qui reposent sur le fait de me parler, de me questionner, de prendre soin de moi.

La première des difficultés : je suis censé écrire et je n’écris pas, et je ne veux pas écrire ou je ne peux pas écrire, ou j’ai trop de choses à écrire pour pouvoir seulement commencer à écrire ! Obtenir mon consentement. Comment ? Me demander par exemple, est-ce que toutes les parties de moi-même sont d’accord pour écrire sur … ? Ecouter les voix qui répondent, respecter ces voies, ces sensations et négocier : à quelle conditions serait-il respectueux d’écrire ? Comme dans l’entretien d’explicitation, l’accès à l’intime, au monde intérieur, repose sur le consentement, que ce soit celui de l’interviewé comme dans l’entretien, ou que ce soit de moi-même, comme dans l’auto-explicitation. Et il n’est pas de consentement sans bienveillance ! Comment !!! Bienveillance avec soi-même ! Faudrait voir à ce qu’il m’obéisse ! Ben non, il faut qu’il y ait un accord intérieur, un consentement pour que l’écriture introspective s’ouvre aisément.

à suivre

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Premier jour de stage. Idée pédagogique de base : créer les conditions pour rencontrer les difficultés !

Par exemple, rencontrer le moment où il semble que je n’ai plus rien à écrire, que j’ai tout dit, que c’est bien assez. En fait, c’est la conscience réfléchie qui dit ça, elle ignore tout ce que je pourrais encore dire, de tout ce qui est éveillable si je sais diriger mon attention différemment. Mon attention est comme le singe et la callebasse. L’ouverture est étroite, focalisée, mais une fois saisies les cacahuètes il n’est plus possible de sortir la main, l’attention. Comment désengager l’attention pour qu’elle se tourne à nouveau vers d’autres centrations, et découvrent encore et encore de nouveaux aspects de mon vécu que je pourrais décrire.  Pour savoir comment déplacer son attention à l’interieur de soi, à l’intérieur de son ressouvenir, il faut déjà que je rencontre la difficulté clairement et que là je découvre les ressources utilisables. Les ressources connues, comme me poser une question qui fragmente ce qui a déjà été décrit, comme me demander tout simplement « y-t-il autre chose encore ? « . Toutes ressources qui reposent sur le fait de me parler, de me questionner, de prendre soin de moi.

La première des difficultés : je suis censé écrire et je n’écris pas, et je ne veux pas écrire ou je ne peux pas écrire, ou j’ai trop de choses à écrire pour pouvoir seulement commencer à écrire ! Obtenir mon consentement. Comment ? Me demander par exemple, est-ce que toutes les parties de moi-même sont d’accord pour écrire sur … ? Ecouter les voix qui répondent, respecter ces voies, ces sensations et négocier : à quelle conditions serait-il respectueux d’écrire ? Comme dans l’entretien d’explicitation, l’accès à l’intime, au monde intérieur, repose sur le consentement, que ce soit celui de l’interviewé comme dans l’entretien, ou que ce soit de moi-même, comme dans l’auto-explicitation. Et il n’est pas de consentement sans bienveillance ! Comment !!! Bienveillance avec soi-même ! Faudrait voir à ce qu’il m’obéisse ! Ben non, il faut qu’il y ait un accord intérieur, un consentement pour que l’écriture introspective s’ouvre aisément.

à suivre

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6 Commentaires pour “Auto-explicitation J1

  1. I can’t beielve I’ve been going for years without knowing that.

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  2. Bonjour Pierre
    Si j’ai bien saisi ce concept de l’auto-explicitation, il serait intéressant de mettre sur papier même l’absence d’envie d’écrire ou parler de l’absence de l’envie de parler. C’est un début de prise de conscience de la difficulté. La pratique du journal aide à instaurer ce dialogue intérieur, cette négociation avec soi-même. Tout comme l’explicitation, l’auto-explicitation reposerait également sur les faits. Un retour sur son vécu, la négociation avec soi, le ressouvenir des faits permettent la collecte d’informations dont l’analyse peut aboutir à mettre en place un « dispositif » d’intervention sur soi qui vise à obtenir mon consentement de me mettre à l’écriture introspective par exemple. Mais le hic est qu’on a besoin de la poule pour pondre un œuf et d’un œuf pour mettre au monde une poule ! Le tout est subordonné à la verbalisation des faits. Pour cela, il s’agit de transposer le concept de management participatif à un niveau individuel, avec tout ce que cela implique en psychanalyse, car il est apparemment question de « manager » toutes les parties de soi-même, de négocier, d’écouter toutes les voix émanant de notre monde intérieur, d’obtenir le consentement du tout- soi-même.

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  3. Magali Boutrais

    Cela donne envie d’essayer.. et de faire le stage d’auto-explicitation avec Pierre… à suivre !

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  4. Quelle belle introduction à la compréhension de ce qu’est l’auto-explicitation et ce que sont nos freins. Soit l’expérience à visiter semble « vide », soit elle semble tellement vaste que « pfff » …
    Merci Pierre.

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