Annonce de la première partie de « l’entretien d’explicitation » 2014

Créer les conditions permettant de faire expliciter le vécu passé.

Les techniques de l’entretien d’explicitation  reposent sur des conditions préalables à réaliser pour pouvoir être mises en œuvre.

Ces conditions ont été systématisées, formalisées et doivent être respectées à la lettre pour permettre d’atteindre le but visé : la verbalisation descriptive d’un moment vécu passé.

Si je présente rapidement ces conditions dans l’ordre inverse des chapitres à venir, je mettrai en premier lieu que l’on ne peut viser et atteindre le vécu qu’en se rapportant à un moment vécu singulier. Il n’y a pas de vécu « en général ». Il faudra donc créer la condition selon laquelle la personne qui s’exprime le fait en référence à un moment passé singulier. C’est une condition impérative.

En second lieu, le vécu c’est ce que vit la personne, bien sûr il est relié au contexte, aux circonstances, il fait l’objet de commentaires, d’appréciations d’après coup, mais ce que nous cherchons c’est la verbalisation descriptive non pas de tout ce qui se rapporte au vécu, juste la dimension interne, cognitive, ressentie, du vécu. Il ne suffit pas que la personne s’exprime, il est nécessaire qu’elle s’exprime sur son monde intérieur vécu.

Tertio. Dans tous les cas, ce qui est visé c’est un moment vécu passé. Ce qui va donc être crucial c’est l’acte de rappel, sans lequel tout le reste est vain. L’entretien d’explicitation  met en œuvre un geste de rappel guidé particulier : l’évocation, qui se donne comme quasiment un revécu du moment passé. Ce geste mental d’évocation doit être induit, guidé, soutenu, déployé bien au delà de ce que la personne croit qu’elle peut se souvenir. C’est une des grands originalité de l’entretien d’explicitation que d’avoir apprit à mobiliser un geste intérieur de rappel particulièrement efficace.

Enfin, première et dernière condition, rien de cela n’est possible sans le consentement de la personne questionnée. La condition qui englobe toutes les autres est la manière d’accompagner avec respect, dans un cadre déontologique défini, la mise en place d’une demande d’accord que j’ai nommé « contrat de communication ». Je vais donc traiter ce point en premier.

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Créer les conditions permettant de faire expliciter le vécu passé.

Les techniques de l’entretien d’explicitation  reposent sur des conditions préalables à réaliser pour pouvoir être mises en œuvre.

Ces conditions ont été systématisées, formalisées et doivent être respectées à la lettre pour permettre d’atteindre le but visé : la verbalisation descriptive d’un moment vécu passé.

Si je présente rapidement ces conditions dans l’ordre inverse des chapitres à venir, je mettrai en premier lieu que l’on ne peut viser et atteindre le vécu qu’en se rapportant à un moment vécu singulier. Il n’y a pas de vécu « en général ». Il faudra donc créer la condition selon laquelle la personne qui s’exprime le fait en référence à un moment passé singulier. C’est une condition impérative.

En second lieu, le vécu c’est ce que vit la personne, bien sûr il est relié au contexte, aux circonstances, il fait l’objet de commentaires, d’appréciations d’après coup, mais ce que nous cherchons c’est la verbalisation descriptive non pas de tout ce qui se rapporte au vécu, juste la dimension interne, cognitive, ressentie, du vécu. Il ne suffit pas que la personne s’exprime, il est nécessaire qu’elle s’exprime sur son monde intérieur vécu.

Tertio. Dans tous les cas, ce qui est visé c’est un moment vécu passé. Ce qui va donc être crucial c’est l’acte de rappel, sans lequel tout le reste est vain. L’entretien d’explicitation  met en œuvre un geste de rappel guidé particulier : l’évocation, qui se donne comme quasiment un revécu du moment passé. Ce geste mental d’évocation doit être induit, guidé, soutenu, déployé bien au delà de ce que la personne croit qu’elle peut se souvenir. C’est une des grands originalité de l’entretien d’explicitation que d’avoir apprit à mobiliser un geste intérieur de rappel particulièrement efficace.

Enfin, première et dernière condition, rien de cela n’est possible sans le consentement de la personne questionnée. La condition qui englobe toutes les autres est la manière d’accompagner avec respect, dans un cadre déontologique défini, la mise en place d’une demande d’accord que j’ai nommé « contrat de communication ». Je vais donc traiter ce point en premier.

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6 Commentaires pour “Annonce de la première partie de « l’entretien d’explicitation » 2014

  1. Et ces échanges sont aussi enrichissants pou les lecteurs de passage ! Merci Anne et Pierre de votre échange. Ils sont très utiles pour l’animation des stages sur l’explicitation ou qui prennent appui sur elle.

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  2. Merci à tous ceux/celles qui postent des commentaires, c’est une vraie aide pour clarifier ma pensée. Pour ceux qui me connaissent, merci de poster vos commentaires sur le blog plutôt que de m’envoyer un mail ou de le faire sur Facebook, cela permet plus facilement de faire profiter tout le monde du contenu de la discussion ouverte.

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  3. L’évolution va clairement du « vécu de l’action » strict, première manière 1994, vers le vécu tout court, en particulier tel que je le définis maintenant (cf dans ce blog), l’inflexion s’étant faite essentiellement vers la recherche, en particulier phénoménologique, pour désigner tout ce qui a vocation à être décrit, quelque soit la couche de vécu qui motive l’intérêt du chercheur.
    Le dénominateur commun étant la structure temporelle fine du déroulement, quelle soit saisit comme seulement action, ou plus largement en rapport à n’importe quelle couche (cognitif, émotionnel, corporel, identitaire, croyance, et + selon les théories qui sous tendent la définition et le repérage des couches).
    Du coup, il y a un second glissement qui est lié à l’affirmation que l’explicitation est un travail de soi, une reconnaissance de soi, une présence à soi, et que les qualificatifs « dimension interne », intime, permettent d’en parler plus facilement.
    En quoi trouves tu ce glissement intéressant ?

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    1. Merci Anne pour tes questions. Je fais une grande différence entre la recherche et l’intervention, pédagogie, ou accompagnement,
      Dans la recherche en première personne, dans un projet de psycho phénoménologie, toutes les facettes du vécu peuvent faire l’objet de recherches, toutes les couches du vécu peuvent être pertinentes, voire essentielles à la compréhension du déroulement d’une activité (pourrait-on étudier l’activité de création sans prendre en compte la dimension émotionnelle ? pourrait-on étudier les performances de haut niveau sans prendre en compte la gestion du stress) ?
      Alors que dans l’intervention, dès que l’on touche à l’émotion, dès qu’on encourage l’expression de l’émotion, on sait qu’on risque de déclencher encore plus d’émotion, suis je en situation d’en faire quelque chose ? suis je qualifié, préparé à le prendre en charge ? suis je bien dans mon métier, dans ma fonction ?
      En 1994 je travaillais essentiellement avec des enseignants, des formateurs, des éducateurs et des ergonomes, et ce qui était questionné était presque tout le temps quelque chose inscrit dans une tache. De ce fait la restriction vécu de l’action, l’action procédurale, était largement suffisante et efficace, elle était pertinente aux buts, et elle évitait les dérives psychologisantes. De plus au plan épistémologique, elle était cohérente avec le fait de questionner quelque chose de productif, de contraint (logique, matériel, temporel) qui pouvait assoir la validation de ce qui était verbalisé. Si l’on fait le parallèle avec l’enquête criminelle, la réalité du crime, ses contraintes, font que tout témoignage peut être passé au tamis de la possibilité matérielle, logique, temporelle de sa réalisation. Cela cadre beaucoup la valeur des témoignages.
      Enfin l’action était, reste, le garant du sens de ce que dit la personne. Il n’est de charité que si je pratique un acte charitable, penser à la charité, valoriser l’idée de charité, parler de charité ne sont pas la manifestation de la charité (cf le livre de Piguet). L’action est la garantie de validité de l’incarnation des idées de quelqu’un (voir l’idée de travailler avec les emplois du temps en sociologie L. Séve).
      Il ne s’agit donc pas de travailler avec l’émotion par exemple (sauf si c’est son métier, et que c’est pertinent) ; mais de pouvoir prendre en compte la phénoménologie de l’émotion si c’est pertinent à un objectif de recherche.

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  4. Claudine MARTINEZ

    Si je comprends bien Pierre, tu es sur la ré écriture du premier livre sur l’entretien d’Explicitation ?

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    1. Pierre Vermersch

      Oui Claudine, l’éditeur m’a proposé de faire une réédition augmentée pour les 20 ans du livre, et il va changer de collection pour aller plus vers la psycho, du coup j’élague, je transforme, je réorganise, j’ajoute, et surtout j’essaie de simplifier et de rendre plus directs les points importants, comme la mise en place des quatre conditions : contrat de communication, évocation, primat du vécu, moment spécifié … à suivre

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