Formation à l’auto-explicitation

Du 6 juin au 10, formation à l’auto-explicitation, à Saint Eble, (suppose d’avoir fait un stage de base entretien d’explicitation)

voir les articles précédents publiés dans ce blog et télécharger : Bases de l’auto explicitation

et aussi : http://x-sides.net/_expliciter/IMG/pdf/descriptif_2008_formation_autoexplicitation.pdf

http://www.grex2.com/assets/files/expliciter/bases_de_l_autoexplicitation_un_expliciter_69_mars_2007.pdf

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1 Commentaire pour “Formation à l’auto-explicitation

  1. Jean Claude Serres

    Bonjour,

    Grâce à un ami j’ai découvert votre blog que je lis depuis votre premier article. Votre écriture très précise et méthodique, rigoureuse comme une démarche scientifique est une grande contribution à cette objectivation recherchée, de la narration à la première personne de son propre vécu.

    Je ne cerne pas encore assez bien à quel but va servir votre objectif de description du vécu. Cependant les problématiques que vous traversez sont similaires à celles que je traverse pour des buts sans doute un peu différents qui nourrissent mes projets d’écritures et de construction de la carte du monde, c’est çà dire de questionnement à propos de projet de vie et de traversées de crises existentielles. En lisant le dernier « expliciter N102» à propos des jeux de rôles de dissociation, avec mes approches beaucoup plus empiriques et arbitraires, il me parait y avoir beaucoup de similitude avec mes descriptions multipolaires qui conduisent à une perception dissociée du « soi ».

    Je vous propose quelques réflexions très ciblées sur chacun de vos articles en reprenant quelques extraits

    Article 1 Définition du point de vue en première personne
    Un sens lié à la méthodologie de la recherche : le point de vue radicalement en première personne.
    Je postule qu’il y a une différence de principe entre décrire sa propre expérience et recueillir l’expérience d’un autre. Je ne vis jamais l’expérience de l’autre.
    Je partage pleinement cette approche. Décrire ou Partager son expérience constitue un abus de langage puisque qu’on ne peut partager qu’après coups une représentation très réduite du vécu réel : celui qui peut être conscientisé.
    Je pense que cette phrase trouvée plus loin correspond à ce que je veux exprimer.
    Ainsi, description s’opposerait d’abord à interprétation, comme une polarité opposée. Mais, ce ne peut être qu’une polarité, c’est-à-dire que cela suppose des intermédiaires, dans la mesure où toute mise en langage est déjà interprétation

    La multiplicité intrapsychique de la première personne
    1 – la multiplicité des modes de rapport au passé,
    2 – la multiplicité des positons narratives de soi-même,
    3 – la multiplicité des lieux de conscience.
    Je suis particulièrement en phase avec cette analyse. En 2012 je me suis engagé à décrire ma représentation singulière du cerveau à partir de trois récits : celui de l’écriture sensible sans contrainte, celui d’une écriture d’ordre scientifique dialogique entre les approches des neurosciences, de l’imaginaire et des sciences sociales et enfin d’une troisième écriture inscrite dans le « pensée agir dans la complexité » de Edgar Morin. J’ai utilisé une approche multipolaire des fonctions du cerveau-imaginaire. L’ensemble de ma démarche recouvre sans doute vos trois points.

    Entretien d’explicitation et éveil de la mémoire passive, surprises, découvertes, émerveillement.
    Vous voyez le tableau, une enseignante qui se souvient bien d’avoir pris une décision, dans des circonstances précises, mais qui a l’impression d’avoir fait ça “à l’intuition”, “sans avoir réfléchi”, “en ayant du mal à savoir ce qui s’est passé”, et même en étant catastrophée sur le moment des conséquences ingérables de sa décision. Et tout ça, repris un an et demi après les faits !
    J’ai beaucoup travaillé sur la question de l’intuition, de son développement, dans une culture occidentale et scientifique complètement fermée à son sujet. Nous pourrons échanger sur ce thème.

    Article 2/ Définition du concept de « vécu ».
    Tout d’abord, cela écarte l’imagination de vécu. Certes, l’acte d’imaginer, est un vécu et peut donc être décrit; mais son contenu, ce qui est imaginé, même s’il désigne, décrit, un vécu n’est pas un vécu. Imaginer que je traverse la Manche à la nage fait référence à un vécu possible, mais le seul vécu que je vis est celui d’imaginer cet acte de traversée. Donc tout ce qui est romanesque, fantaisie, ne fait pas partie de l’étude du vécu dans la mesure où il ne réfère pas à un acte effectivement vécu

    Je suis en phase avec vos écrits sauf sur deux points. Il est peut être question de vocabulaire à préciser. Pour moi un vécu, une expérience ou un éprouvé ne peut pas être décrit sans utiliser la fonction imaginative du cerveau en sachant qu’une remémoration est une reconstruction plus ou moins bien organisée du cerveau non conscient et que ce dernier ne laissera échappé que l’un ou l’autre des aspects à certains états de conscience. La conscience autobiographique concernée par cette remémoration est en partie induite par une intention plus ou moins cachée et un facteur attentionnel (Cf Stanislas Dehaene). Si un vécu (mémoire du passé) est de nature différente d’une fiction (mémoire du futur), le processus de traitement non conscient puis de conscientisation est le même. Je pense en fait que souvenirs passé et visualisations mentales ou rêve éveillé futur sont des fictions.

    Le vécu, dans la qualification descriptive de ce qui le constitue, s’inscrit dans la temporalité du présent, dans la granularité du présent épais.

    Si je prends une “période” de ma vie, mon enfance, mes années à la fac, j’ai bien vécu ces années-là, elles font parties de mon vécu ; mais avec cette échelle temporelle de la “période,” je n’ai accès qu’à des grandes qualités, des climats, des étapes marquantes, je peux aussi en retracer l’histoire événementielle. Mais je n’ai pas accès à ce qui va faire l’objet de la phénoménologie : la cognition, les états internes, la corporalité agissante, les attitudes, les croyances, et plus. Pour avoir accès à la description des actes cognitifs par exemple, il faut que je me situe dans une granularité temporelle de l’ordre de la seconde, et même le plus souvent inférieure.
    Le vécu est alors synonyme de “présent”, de moment présent, et sa granularité, son échelle de description, va de moments en moments
    Je suis convaincu que chaque niveau de granularité temporelle comme spatiale possède sa pertinence dans la description du vécu. Je pense que nous sommes confronté à la complexité d’abondance informationnelle pour chacun des niveaux d’observation. Je suggère de respecter le principe d’incomplétude fondamental qu’il en résulte et de créer une représentation multipolaire à granularité d’approfondissement identique (le détail n’est pas plus fouillé que le global – théorie de l’information).

    3/ Le dessin de vécu
    3/ Description du vécu

    L’obstacle principal est que mon vécu m’est (en apparence) infiniment familier, et qu’il me faut prendre conscience que ce qui est familier ne m’est pas pour autant connu.
    Pour essayer de me faire comprendre, je vais transposer dans un autre domaine. J’ai pratiqué le portrait en peinture et en sculpture. Qu’il y a t il de plus familier que le visage, n’avons nous pas depuis toujours observé, reconnu, identifié des visages ? Et pourtant au moment d’en dessiner un, nous découvrons que nous ne savons pas comment c’est fait ! Nous découvrons dans les dessins des yeux stéréotypés, des déformations, du manque de ressemblance, sans savoir à quoi c’est dû ! Au bout de quelques mois ou années, notre oeil a changé, devant chaque nouveau modèle, immédiatement nous allons chercher des informations spécifiques dont nous savons qu’elles sont cruciales pour la vérité du portrait. Par exemple, repérer immédiatement le type de distance entre la paupière supérieur et l’arc des sourcils, qui est tellement typique d’un visage, par exemple
    J’ai vraiment beaucoup apprécié cet article. J’éprouve effectivement une grande difficulté à peindre et à dessiner des visages Et je sais que seul un apprentissage détaillé me permettra de progresser. Cela est aussi similaire à l’apprentissage d’un morceau de musique. Cela revient au point de discussion relative l’intuition (verbale gestuelle émotionnelle etc…) qui ne peut être réduite à un conditionnement réflexe mais relève d’un apprentissage et d’une activation non consciente capable de choix et de simplexité (Alain Berthoz).

    Je trouve votre comparaison de la description d’un vécu avec un peinture peut porter très loin.
    La juxtaposition des mots dans la représentation du vécu suit celle des couleurs dans la peinture. La couleur est d’abord nuance en relation avec ses voisines. Le sens des mots est précisé par le contexte de la phrase. La description interdit toute interprétation des relations, c’est-à-dire toute logique d’analyse pour approcher du « réel ». C’est donc une démarche qui diverge de la science qui cherche à définir un vocabulaire précis, sans nuance dans le but louable d’expliquer (de mettre à plat) de façon objective dans le but d’établir une connaissance.

    Dès que l’on cherche à créer une carte de ce vécu (limites de départements, limites de pays ou routes et flux) nous quittons la description pour construire du sens, acquérir une connaissance. Cela va correspondre au but final de la démarche. La richesse de la description du vécu est de bien préparer l’élaboration de la connaissance. Ce sont les approches de la méditation pour aboutir à la pleine conscience et que précède la pleine connaissance ou dans un autre domaine la recherche de la dialogique dans la pensée de Edgar Morin.

    Voila pour un premier retour. Je vais prendre le temps de reprendre votre texte complet pour poursuivre.

    Un grand merci pour votre projet de blog, votre travail d’écriture et votre souhait d’interaction.
    Jean Claude Serres.

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